La Francophonie en Amérique
La Francophonie en Amérique


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ASSIMILATION DES FRANCO-AMÉRICAINS

Ce qui peut nous étonner en prenant connaissance du recensement de 1991, est que le nombre de citoyens américains se réclamant d’origine franco-américaine augmente, sans pourtant qu’y ait eu apport d’immigration francophone alors que le nombre de francophones va en diminuant.

Le Conseil de vie française en Amérique mentionne qu’entre 1980 et 1990, le nombre de locuteurs francophones a décliné de 13% en Nouvelle-Angleterre, mais que le nombre de personnes ayant déclaré une origine française, a augmenté de 18%, et ce, en l’absence d’immigration francophone dans la région. L’augmentation a eu cours dans les six États de la Nouvelle-Angleterre, mais elle a été la plus forte au New-Hampshire, 37%, soit le double de l’ensemble de la région.

C’est un fait que Manchester a accrû ces dernières années son importance en Franco-Américanie grâce au rayonnement de l’Association canado-américaine, et au dynamisme de la Franco-American Genealogical Society. C’est certain qu’il y a un grand engouement pour la généalogie en Nouvelle-Angleterre et partout aux États-Unis chez les groupes d’origine française. Les Franco-Américains réalisent qu’ils sont à peu près les seuls Américains à remonter 10 à 12 générations dans leur ascendance.

Beaucoup d’entre nous connaissons ces villes de la Nouvelle-Angleterre à fortes proportions de Francos: Manchester, N.H, Woonsocket R.I. Lewiston, Maine. Biddeford Maine, était une ville à 85% francophone, le français était¸d’usage courant partout. (Près de la station balnéaire de Old Orchard

À Springfield, un centre industriel important dans le Massachusetts il y a une enclave franco-américaine, comportant une école et une paroisse françaises St-Louis de France. J’y suis retourné il y a quelques années, seuls les aînés (50 ans et plus) parlent le français.

Pour évaluer ce recul, il faut revenir au seuil de la Seconde Guerre mondiale. Les Francos-Américains étaient encadrés dans un réseau institutionnel presque complet. En 1938, ils possédaient 300 paroisses, 200 écoles paroissiales, 32 couvents, cinq collèges, douze hôpitaux, six orphelinats, cinq quotidiens, etc

Ce réseau institutionnel n’a pas réussi à empêcher l’effondrement de la francophonie en Nouvelle-Angleterre et dans les autres parties des États-Unis comme l’ancienne Haute Louisiane.(Ouest américain) Comme ce fut le cas pour les autres groupes ethniques vivant aux États-Unis, cette situation était inéluctable. même si la résistance à l'assimilation fut plus longue.

Pour expliquer cette présence des Canadiens-français (C’est le nom qu’ils portaient à cette époque) en Nouvelle Angleterre il faut revenir à ce triste exode des Québecois vers les États-Unis , à partir de la fin du 19ème siècle, cette période coïncidait avec le début l’ère industrielle. Cette émigration avait provoqué une forte saignée chez la population française du Québec, Une série télévisée, présentée en reprise, nous en donne un très juste aperçu.

Il est à noter que le gouvernement d’abord du Canada-Uni et plus tard de la Province de Québec n’ont rien fait à cette époque pour enrayer cette hémorragie.

Avant l’ère industrielle, l’économie du Québec reposait sur l’agriculture, les forêts, les pêcheries. Cependant les riches terres de la vallée du St-Laurent et du Richelieu étaient depuis longtemps entièrement occupées ne laissant pas de place pour cet excédent de population. Dès le régime français il y avait un mouvement de population à destination des Pays d’en Haut ou la Haute Louisiane qu’on pourrait appeler aussi la «Louisiane québecoise» où les Québecois étaient fortement implantés: Kaskaskias, Prairie du Rocher, Ste-Geneviève, St-Louis, Missouri etc. .

Après la vente de la Louisiane en 1803, par Napoléon le mouvement vers l’ouest américain a presque cessé.. Cependant, une certaine émigration s’est poursuivie allant jusqu’au Montana, en Idaho, au Dakota-Nord.. Il est paru dans la revue «l’Ancêtre» une liste de 1000 familles qui allaient s’établir dans l’Illinois, dans le canton Bourbonnais entre les années 1850 et 1855. (Renseignements pris à la Société historique e l’Illinois, on m’a fait part qu’une grande partie de ces colons s’étaient relocalisés au Michigan.)

Mais les conditions d’implantation dans l’Ouest américain n’étaient plus les mêmes alors que l’Espagne avait favorisé grandement cette émigration. Il y avait aussi les guerres avec les Indiens (Sioux, Cheyennes)

Aux États-Unis, le processus d'éloignement socioculturel du Québec s'est amorcé encore plus rapidement. Les francophones du Midwest et de l'Ouest sont, dans bien des cas, complètement assimilés en 1918.

On prendra connaissance de statistisques concernant la Nouvelle-Angleterre, mettant en relief la proportion de Franco-Américains et la langue de retention.

On consultera le document contenu dans le LIEN qui est une évaluation des cinq groupes francophones de l’Amérique du Nord. Il s’agit d’un mémoire présenté devant le Conseil de la vie française d’Amérique

Dans le tableau No-1 lors du recensement de 1990 on comptait 2 351 368 franco-américains âgés de cinq ans et plus en Nouvelle-Angleterre. Ils représentaient 19,1 p. 100 de la population des six états de la Nouvelle-Angleterre.





-Population franco-américaine de la Nouvelle-Angleterre:

Le tableau No-2, a pour sujet l.‘indice de rétention du français et permet d’évaluer le phénomène d’assimilation linguistique en comparant le nombre d’individus d’ascendance franco-américaine et ceux dont le français est d’usage courant dans leur foyer. On voit que cet indice est de l’ordre de 15,1 p. cent.

-Indice de rétention du français chez les Franco-Américain de la Nouvelle-Angleterre, en 1990





Pour l’ensemble de l’Amérique du Nord les quelques chiffres suivants donnent un aperçu de la présente situation:

La francophonie nord-américaine par les chiffres: (1990 et 1991)





Parler de l’Amérique française moderne, appelons-la plutôt la francophonie nord-américaine, est en soi une entreprise hasardeuse puisque la définition d’un francophone peut porter à interprétation. Est-ce une personne d’origine française, une personne dont la langue maternelle est le français, ou encore, une personne dont le français est la langue d'usage?

Le recensement de 1990 indique qu‘aux États-Unis, il y a 13 156 333 personnes d’origine française dont moins de 2 000 000 ont le français comme langue d’usage

Tous ces chiffres sont basés sur ceux des recensements des années 1990 et 1991. Je ne crois pas que la situation se soit améliorée depuis ce temps

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L'Amérique du Nord en 1804

. L'Amérique du Nord en 1804.

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