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Kaskaskias


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KASKASKIAS 1695-1834

En avril 1675, le Père Marquette, revenant de son voyage de découverte à l’embouchure du Mississipi, s’arrêta dans un village «d’Indiens Kaskaskias situé sur la rivière des Illinois (non loin de ce qui est, aujourd’hui, la ville d’Utica). IL y fonda une mission qu’il désigna sous le vocable de la Conception de Notre-Dame. En 1677, le Père Calude Allouez, venant de la Baie Verte, y trouva environ 11000 Illinois, divisés en huit nations, vivant dans trois cent cinquante et une cabines alignées le long de la rivière

Ce n‘est qu’en 1719 que Kaskaskias fut érigée en paroisse. Le nouveau registre porte alors le titre de « Registre des Baptèmes faits dans l’Eglise de la Mission et Paroisse de la Conception de Notre-Dame, commencé le 18 juin 1719. Le Père N.I. De Beaubois en fut le premier curé

En 1711, à la demande de Bienville et De d’Artaguiette . Un soldat nommé Penicault, fut envoyé à Kaskaskias avec onze autres soldats commandés par un sergent. Il a raconté ses impressions dans un volume intitulé. » Les premiers vingt-deux ans l‘Établissement de la Louisiane française« . .





En 1721, les Jésuites y établirent un monastère et, en 1725, le village de Kaskaskias fut considéré comme une ville et fut doté, par le fait même, de tous les avantages qui y étaient attaché. À partir de 1722, des concessions de terres furent accordées aux Canadiens, et aux Français, désireux d’y faire de la culture. L’une des plus anciennes de ces concessions, datée du 19 mai 1722, fut accordée à Charles Danis. Elle joignait la terre de Michel Philippe d’un côté et celle de Mélique, de l’autres.

Voici une description de Kaskaskias, donnée par Diron D’Artaguiette en 1723:
«C’est à deux lieues en amont de cette rivière, sur la gauche, dans une vaste prairie, qu’est situé le village français des Caskaskias qui est entièrement composé de fermiers lesquels y vivent dans l’aisance. Les maisons sont construites en billes de bois posées sur le sol, les cheminées sont en pierres... Il y a aussi une église qui est sûrement la plus belle de la colonie. Le ministère est fait par un Jésuite.

Voici l'aspect de Kaskaskias vers les années 1770





Voici le maître-autel en bois sculpté à la main de l'église de Kaskaskias.





Cette ancienne cloche de Kaskaskias fut fabriquée en France en 1741 et offerte par le Roi de France aux colons de l'Illinois.





Les Jésuites ont une petite ferme qu’ils dirigent eux-mêmes .Il y a six lieues, par terre et douze, par eaux de ce village à Fort de Chartres. Dans la partie haute de la prairie est le village indien qui compte deux cents guerriers.»

Par la suite, Kaskaskias se développe très rapidement. Les trafiquants de fourrures s’y installèrent en grand nombre, plusieurs Français et Canadiens vinrent les y rejoindre, pour défricher et cultiver la terre ou pour exercer leurs métiers et professions. Ce fut bientôt la plus florissante colonie située entre le Canada e le golfe du Mexique.

Des villages furent fondés ; St-Philippe, Prairie du Rocher, Nouvelles Chartres. Dès 1735, plusieurs familles traversèrent le Mississipi et s’y installèrent, sur la rive ouest, face à Kaskaskias. Une nouvelle paroisse prit le nom de Ste-Geneviève.

À la suite du traité de Paris, les habitants de la rive Est émigrèrent en grand nombre de l’autre côté du Fleuve, encouragés en cela par les Espagnols. En effet avant de prêter le serment d’allégeance exigé par l’Angleterre, les habitants demandèrent un délai de neuf mois, avant de prendre une décision. Plusieurs songeaient à disposer de leurs biens, puis à gagner le territoire espagnol. On ne leur accorda qu‘un cours délai À cette époque, Kaskaskias comprenait 80 maisons construites en pierre, entourées de jardins ou de vastes terrains. Plusieurs habitants possédaient d’importants troupeaux. Malgré cela, beaucoup d‘entre eux allèrent habiter Saint-louis, alors en pleine expansion. .

Douze ans plus tard le 4 juillet 1778, le colonel George Rogers Clark, à tête de ses Virginiens, s’emparait la nuit tombée, de la ville de Kaskaskias. Les habitants ne lui opposèrent pas une grande résistance. Clark réunit la population dans l’église et leur annonça la participation de la France à ses côtés.

Cependant, le mandat officiel des troupes commandées par George Rogers Clark était celui de couper les raids indiens à la source . Aussi la guerre contre les tribus lindiennes éclata aussitôt.

Cette guerre conduite par chaque camp atteignit un sommet de raffinement dans la cuauté. Les registres de la paroisse de Notre-Dame de la Conception du village de Kakskaskias témoignent de cette cruauté. En plus de meurtres de citoyens, citons cet extrait des registres de la paroisse (textuellement)

-Hughes Thomas
-Sépulture, le 21 mai 1788
-décédé le 20 mai
-âgé d’environ 10 ans, décédé après avoir eu la chevelure enlevée, deux jours auparavant par les Sauvages.
-Fils de Thomas et de Marie Bétrel, tous deux de Kaskaskias
-Témoin: le père Thomas Hugues
-De la Vinière, prêtre, vicaire général

À Kaskaskias dans une petition adressée au gouverneur de la Virginie, Thomas Jefferson et datée du 4 mai 1781:
«Les citoyens de Kaskaskias en Illinois vous prient humblement, et ont l’honneur de vous faire part qu’ils avaient reçu le Colonel Clark, et ceux l’accompagnant avec tout le zèle possible, parce qu’ils espéraient de jouir de toute la liberté qu’il leur fut promise»

Les pétitionnaires demandent protection contre les exactions du colonel James Montgomery, et aussi du colonel Rogers et autres qui ont été placés en autorité au village de Kaskaskias.

36 habitants de Kaskaskias ont signé cette pétition datée du 4 mai 1781 parmi les signataires on peut remarquer Jean Choisser, Louis Brazeau et Jean-Baptiste Beauvais (Société Historique de l'Illinois)

Dans une autre pététition envoyée en mars 1783, aux commissaires de la Virginie, on fait état que le capitaine Richard Winston, gouverneur civil les a plongé dans un état de pauvreté, de misère et de malheur





Par la suite des membres importants de la communauté se transportèrent sur la rive Ouest du Mississipi, en Louisiane espagnole. Parmi ces derniers ont remarque Joseph Labussière, Gabriel Cerre, et Charles Gratiot.

de 1779 à 1792 13 années d'anarchie se sont installées à Kakaskias et dans la région. Ce qui a accentué le déplacement des pionniers français et mème américains vers la Louisiane espagnole alors en pleine expansion.

Le notaire François Carbonneau de Kaskaskias, malgré le saccage de son étude demeura néanmoins à Kaskaskias

Il rempli la fonction de chantre à l'église et préside aux funérailles en l'absence du curé. Ce dernier en raison de l'étendue de son territoire devait s'absenter pour des périodes assez longues.

Comme curiosité de l'histoire, il y avait à la même époque et aux mêmes dates (1780), un François Carbonneau comme également chantre ou maître de chapelle à Yamachiche dans la Mauricie.

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Principales sources:
-Les forts français en Amérique (Marthe Faribault-Beauregard)
-Les registres de la paroisse Notre-Dame de Kakaskias,
-La Société historique de lIllinois
-An Illinois Family (Lowell A Dearinger)

. «Retour à l'Amérique française».